Licenciement sans cause réelle et sérieuse à Paris : cadre légal, barème Macron et procédure prud'homale

Le licenciement pour motif personnel doit reposer sur une cause réelle et sérieuse au sens de l'article L.1232-1 du Code du travail. À défaut, le juge prud'homal peut proposer la réintégration du salarié ; en cas de refus de l'une ou l'autre des parties, il alloue une indemnité dont les montants minimum et maximum sont fixés par le tableau de l'article L.1235-3, dit « barème Macron » (entre 0,5 et 20 mois de salaire brut selon l'ancienneté et la taille de l'entreprise). La Cour de cassation a confirmé la conformité de ce barème au droit international (Cass. soc., 11 mai 2022, n° 21-14.490 et 21-15.247). Le barème est écarté en cas de licenciement nul (article L.1235-3-1), notamment pour discrimination, harcèlement moral ou sexuel, violation d'une liberté fondamentale, ou licenciement d'un salarié protégé : l'indemnité ne peut alors être inférieure aux six derniers mois de salaire brut. La procédure impose un entretien préalable (article L.1232-2), une notification du licenciement par lettre recommandée avec avis de réception au moins deux jours ouvrables après l'entretien (article L.1232-6), et un préavis dont la durée varie selon l'ancienneté (article L.1234-1). Le salarié dispose de douze mois pour contester son licenciement (article L.1471-1) devant le Conseil de prud'hommes de Paris, situé 27 rue Louis Blanc dans le 10e arrondissement, juridiction compétente pour tout litige individuel du travail entre salariés et employeurs sur le ressort de Paris. L'appel est porté devant le pôle social de la Cour d'appel de Paris.

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Sources juridiques

Procédure étape par étape

  1. 1. Convocation à l'entretien préalable

    L'employeur qui envisage un licenciement pour motif personnel doit convoquer le salarié à un entretien préalable par lettre recommandée avec avis de réception ou remise contre récépissé. La lettre indique l'objet de la convocation, la date, l'heure et le lieu de l'entretien, ainsi que la possibilité pour le salarié de se faire assister. L'entretien ne peut avoir lieu moins de cinq jours ouvrables après la présentation de la lettre.

    Délai : Délai minimum de 5 jours ouvrables entre présentation de la convocation et entretien

    Intervenant : Employeur

  2. 2. Tenue de l'entretien préalable

    Lors de l'entretien, l'employeur expose les motifs envisagés et recueille les explications du salarié. Le salarié peut être assisté par un autre salarié de l'entreprise ou, en l'absence de représentants du personnel, par un conseiller du salarié inscrit sur la liste préfectorale. L'entretien est un moment d'échange ; aucune décision de licenciement ne peut y être prononcée.

    Intervenant : Employeur, salarié, conseiller éventuel

  3. 3. Notification du licenciement

    L'employeur notifie sa décision au salarié par lettre recommandée avec avis de réception. La lettre énonce les motifs invoqués et fixe les limites du litige (article L.1235-2). Elle ne peut être expédiée moins de deux jours ouvrables après la date prévue de l'entretien préalable. Le décret n° 2017-1820 du 29 décembre 2017 propose six modèles types de lettres. Le salarié peut, dans les quinze jours suivant la notification, demander à l'employeur des précisions sur les motifs.

    Délai : Au minimum 2 jours ouvrables après l'entretien

    Intervenant : Employeur

  4. 4. Préavis et fin du contrat

    Le contrat se poursuit pendant le préavis, dont la durée dépend de l'ancienneté : un mois pour une ancienneté de six mois à moins de deux ans, deux mois pour deux ans ou plus, sauf disposition conventionnelle plus favorable ou cas de faute grave ou lourde. L'employeur peut dispenser le salarié de l'exécution du préavis ; il lui verse alors une indemnité compensatrice de préavis (article L.1234-5). Le salarié perçoit également une indemnité légale de licenciement dès huit mois d'ancienneté (articles L.1234-9 et R.1234-2).

    Délai : 1 ou 2 mois selon ancienneté

    Intervenant : Employeur, salarié

  5. 5. Saisine du Conseil de prud'hommes de Paris

    Le salarié qui conteste le bien-fondé ou la régularité du licenciement saisit le Conseil de prud'hommes de Paris (27 rue Louis Blanc, 75010 Paris) par requête déposée au greffe ou adressée par lettre recommandée. La saisine est gratuite ; l'assistance d'un avocat n'est pas obligatoire en première instance. Le greffe convoque les parties à l'audience de conciliation et d'orientation (BCO).

    Délai : 12 mois à compter de la notification (article L.1471-1)

    Coût : Gratuit

    Intervenant : Salarié, Conseil de prud'hommes de Paris

  6. 6. Phase de conciliation et d'orientation

    Le bureau de conciliation et d'orientation tente de concilier les parties. À Paris, le taux de conciliation est faible (environ 5 %). En cas d'échec, l'affaire est renvoyée devant le bureau de jugement, dans la formation appropriée (référé, juge unique, formation paritaire ou départage). Le délai d'audiencement au fond est en moyenne de 14 mois à Paris.

    Délai : Délai d'audiencement moyen à Paris : 14 mois

    Intervenant : Bureau de conciliation et d'orientation, parties

  7. 7. Jugement au fond et application du barème Macron

    Le bureau de jugement statue sur le caractère réel et sérieux du licenciement. S'il juge le licenciement sans cause réelle et sérieuse, il peut proposer la réintégration du salarié avec maintien des avantages acquis. En cas de refus de l'une des parties, il alloue une indemnité dans les limites du barème de l'article L.1235-3 (entre 0,5 et 20 mois selon ancienneté et taille de l'entreprise). Si le licenciement est jugé nul (article L.1235-3-1), le barème est écarté et le plancher est de six mois de salaire.

    Intervenant : Bureau de jugement

  8. 8. Appel devant la Cour d'appel de Paris

    L'appel des jugements du Conseil de prud'hommes de Paris est porté devant le pôle social de la Cour d'appel de Paris (8 boulevard du Palais, 75001 Paris). Le délai d'appel est d'un mois à compter de la notification du jugement. La représentation par avocat est obligatoire devant la Cour d'appel. Un pourvoi en cassation est ensuite possible, dans un délai de deux mois, devant la Chambre sociale de la Cour de cassation.

    Délai : 1 mois pour l'appel ; 2 mois pour le pourvoi en cassation

    Intervenant : Cour d'appel de Paris (pôle social), Cour de cassation

Délais à connaître

Tribunaux compétents

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